Les premiers tirs ont retenti autour de la base aérienne 101 de Niamey un peu après cinq heures du matin, dans la nuit du 28 au 29 août 2026. En quelques heures, des soldats nigériens, dont beaucoup venaient des unités engagées à Ouallam, Téra et Dosso, s'emparent d'une partie de l'emprise, visent le palais présidentiel, la radiotélévision nationale et l'aéroport Diori-Hamani. Un groupe se réclamant des « Forces armées pour la restauration de la patrie » déclare que le général Abdourahamane Tiani n'est plus au pouvoir. Le soir même, la base est reprise. Le régime tient. Il le doit à environ deux cents combattants de l'Africa Corps russe, à leurs drones de reconnaissance et à leur appui-feu, l'ambassadeur de Russie ayant lui-même confirmé que Niamey avait adressé à Moscou une demande urgente d'assistance militaire.
Le 30 août, quatre Sukhoï Su-30 de l'armée de l'air algérienne se posent à Niamey, accompagnés d'un ravitailleur Iliouchine Il-78 et de leurs équipes d'appui. Le ministère algérien de la Défense évoque des patrouilles aériennes destinées à « prévenir d'éventuelles attaques », déployées « à la demande des autorités nigériennes ». La formule est mesurée. Le précédent ne l'est pas : selon les spécialistes de l'appareil militaire algérien, c'est la première projection officielle de moyens de combat hors des frontières depuis l'envoi d'un corps expéditionnaire en Égypte, en 1973.
La base aérienne 101 de Niamey, en juin 2024, pendant le retrait des forces américaines. Deux ans plus tard, c'est sur cette emprise, mitoyenne de l'aéroport Diori-Hamani, que se joue la nuit du 28 au 29 août 2026. Photo : Tech. Sgt. Christopher Dyer, U.S. Air Force, domaine public.
Anatomie d'une mutinerie : ce que l'armée nigérienne reprochait à son régimeNiamey a d'abord parlé d'un « mouvement de soldats en rupture avec le règlement militaire ». L'inventaire présenté le 2 septembre à la télévision d'État raconte autre chose : 34 pick-up armés, deux blindés légers, 382 fusils d'assaut, 36 lance-roquettes RPG-7, 30 mitrailleuses PKM, quatre fusils de précision Dragunov, un mortier de 82 mm, des moyens de transmission satellitaire. Une colère de garnison ne rassemble pas cet équipement.
Le mobile, lui, est documenté depuis des mois. Le 17 juillet 2026, une embuscade sur l'axe Bankilaré-Téra coûte 16 morts et 23 blessés à l'armée selon le communiqué officiel, au moins 47 tués selon les recoupements de RFI. En juin, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans frappe l'aéroport Diori-Hamani et la base attenante, tuant 11 soldats et deux civils. L'activiste nigérien Abdou Bagoui recense pour ce seul mois de juin au moins 223 civils et militaires tués dans le pays, dont 161 dans la région de Tillabéri. Ces chiffres circulent hors des canaux officiels, parce que le pouvoir ne publie pas ses pertes. C'est précisément le grief : mourir dans des secteurs dont l'État nie le coût.
La physionomie de la nuit du 29 août confirme la fracture. La garde présidentielle est demeurée fidèle, la garde nationale s'est tenue à l'écart, l'armée s'est divisée, une unité au moins ayant refusé l'ordre de reprendre la base 101. Cette répartition n'a rien d'accidentel. Elle décrit l'architecture ordinaire des régimes militaires sahéliens, où l'unité la mieux équipée protège le chef contre l'institution qu'il dirige. Le dispositif a tenu, mais il a fallu des étrangers pour le compléter.
Le cas nigérien n'a rien d'isolé. Au Burkina Faso, le ministre de la Sécurité Mahamadou Sana annonce le 3 janvier 2026 avoir déjoué un complot visant à assassiner le capitaine Ibrahim Traoré, dont il désigne comme organisateur principal l'ancien lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, avec un financement venu de Côte d'Ivoire évalué à 70 millions de francs CFA. Au Mali, une quarantaine de militaires sont arrêtés en août 2025, dont les généraux Abass Dembélé et Néma Sagara, ainsi qu'un ressortissant français ; un an plus tard, le dossier n'a toujours pas été jugé. Le 25 avril 2026, le ministre de la Défense Sadio Camara est tué à son domicile de Kati lors d'une offensive coordonnée revendiquée par le JNIM et le Front de libération de l'Azawad, le directeur de la Sécurité d'État Modibo Koné et le chef d'état-major Oumar Diarra étant grièvement blessés dans la même séquence. Le 4 mai, Assimi Goïta s'attribue le portefeuille de la Défense.
Le général Abdourahamane Tiani à l'ouverture de l'Assemblée nationale de transition, en février 2025. Photo : Sule Barma, Voice of America, domaine public.
Trois régimes, trois modalités, une même donnée : la menace principale ne vient pas des frontières. Elle vient des casernes, ou du domicile d'un ministre situé à 15 kilomètres du palais. La souveraineté proclamée en 2023 s'est traduite par le retrait des armées occidentales, non par une reprise en main de l'appareil militaire national. L'écart entre les deux se comble aujourd'hui par de la protection importée.
Quatre avions : un signal, non une capacitéIl faut prendre au sérieux la disproportion entre le geste et sa justification. Les mutins du 28 août ne disposaient d'aucun moyen aérien. Contre eux, une patrouille de Su-30 n'a aucune utilité tactique : elle n'assure ni appui au sol dans un contexte urbain, ni police d'une base déjà reprise le 29 au soir, c'est-à-dire avant l'arrivée des appareils. La formule officielle, « prévenir d'éventuelles attaques », désigne donc autre chose que la menace qui vient d'être neutralisée.
Un Sukhoï Su-30 de l'armée de l'air algérienne (photographie d'archive, 2016). Quatre appareils de ce type, accompagnés d'un ravitailleur Il-78, se sont posés à Niamey le 30 août 2026. Photo : Alexey Korshunov, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Reste à identifier le destinataire. Trois publics se dessinent. Le premier est régional : la CEDEAO, que le témoignage du 1er septembre présente comme ayant donné son feu vert, et le Nigeria voisin, qui a exprimé sa « profonde préoccupation ». Le deuxième est français : le communiqué nigérien du 4 septembre place Paris à la tête du complot supposé. Le troisième est intérieur, et c'est probablement le plus important : des chasseurs étrangers stationnés sur la base 101 signifient aux officiers nigériens tentés de recommencer que le coût d'une seconde tentative a changé. Quatre appareils ne défendent pas un ciel. Ils occupent un tarmac, et l'occupation d'un tarmac est un message.
Le droit comme révélateurL'article 91 de la Constitution algérienne révisée en 2020 confie au président de la République la décision d'envoyer des unités de l'Armée nationale populaire à l'étranger, sous deux conditions cumulatives : l'approbation du Parlement à la majorité des deux tiers, et l'inscription de la participation dans le cadre des Nations unies, de l'Union africaine ou de la Ligue des États arabes. La révision avait nourri, en 2020, une controverse politique sur l'abandon de la doctrine de non-ingérence, l'état-major ayant alors assuré que la doctrine militaire ne changeait pas.
Cette qualification n'est pas un détail de procédure. En nommant « patrouille aérienne » ce qui produit les effets d'un déploiement, Alger obtient le bénéfice politique de la projection sans en payer le prix constitutionnel ni le prix diplomatique. Le précédent est ainsi créé à bas coût, et il pourra être invoqué la fois suivante. Les doctrines militaires changent rarement par proclamation ; elles changent par accumulation de cas d'espèce que personne n'a formellement requalifiés.
D'accusée à protectrice : anatomie d'un retournementL'ampleur du basculement se mesure au point de départ. Le 31 mars 2025, l'armée algérienne détruit un drone Bayraktar Akinci malien près de Tin Zaouatine, affirmant qu'il avait pénétré son espace aérien sur deux kilomètres. Bamako y voit un acte hostile prémédité, destiné à protéger des groupes armés. Le 6 avril, le Mali, le Niger et le Burkina Faso rappellent ensemble leurs ambassadeurs ; le 7, l'Algérie retire les siens de Bamako et de Niamey ; les espaces aériens se ferment. Le Mali saisit la Cour internationale de justice, où Alger refuse de se soumettre à la procédure.
Les griefs maliens dépassaient largement l'incident. Dès septembre 2024, Bamako accusait l'Algérie devant les Nations unies de relayer une « propagande terroriste ». Les autorités de transition lui reprochaient d'héberger des cadres du Front de libération de l'Azawad, dont Alghabass Ag Intalla, ainsi que l'imam Mahmoud Dicko, et d'entretenir l'instabilité du Nord pour préserver sa fonction d'arbitre. Alger a constamment démenti, en faisant valoir que la stabilité du nord du Mali relève de sa sécurité nationale. Aucune de ces accusations de complaisance envers des groupes armés n'a été étayée publiquement par des éléments vérifiables. Elles ont néanmoins structuré, deux années durant, le discours souverainiste de l'AES : l'Algérie y tenait le rôle du voisin suspect.
Le retournement s'est opéré en 18 mois, et il a été acheté autant que négocié. Le 12 février 2026, l'ambassadeur du Niger regagne Alger ; Tebboune invite Tiani. En mars, une grande commission mixte signe 12 accords de coopération. Les 22 et 23 avril, l'Algérie conclut 34 accords avec le Tchad, dont un partenariat énergétique avec Sonatrach et l'offre du port de Jijel comme débouché maritime pour les États enclavés du Sahel. Le 3 juin, une centrale de 40 mégawatts est inaugurée à Gorou Banda. Le 10 juillet, Alger et Bamako annoncent le retour de leurs ambassadeurs et la réouverture de leurs espaces aériens après 15 mois de rupture. Le 9 août, quatre hélicoptères, deux Mi-24V et deux Mi-171, sont livrés à l'armée nigérienne. Le 16 août, le puits d'exploration Kafra Sud-Est 1 est inauguré dans le nord du Niger, opéré par une filiale de Sonatrach, détenu à parts égales avec la société nigérienne Sonidep, sur des réserves estimées à plus de 260 millions de barils. Niamey espère porter sa production nationale de 20 000 à 110 000 barils par jour. Trois semaines plus tard, des Su-30 algériens sont sur le tarmac de Niamey.
Reste la question du mobile, et elle n'admet pas de réponse unique. L'hypothèse sécuritaire est la plus solide : l'Algérie partage avec le Niger environ 950 kilomètres de frontière, et un effondrement à Niamey se traduirait en flux d'armes, de combattants et de migrants sur son flanc sud. L'hypothèse économique la complète : le projet Kafra et le gazoduc transsaharien, évalué à 13 milliards de dollars pour 4 000 kilomètres, supposent des États partenaires qui tiennent debout. L'hypothèse maghrébine pèse également, la rivalité avec Rabat s'étant déplacée du Sahara occidental vers les corridors sahéliens, Jijel contre l'Initiative atlantique marocaine. L'hypothèse intérieure, enfin, mérite d'être formulée : une armée qui projette est une armée qui justifie son budget et sa place dans l'ordre politique algérien. Ces explications ne s'excluent pas ; elles se renforcent, ce qui rend le tournant durable.
Quatre lectures du geste algérien
- Sécurité950 km de frontière commune ; un effondrement nigérien se paierait au Sahara algérien
- ÉconomieKafra (260 M barils, Sonatrach-Sonidep), gazoduc transsaharien (13 Mds $, 4 000 km)
- MaghrebCorridor de Jijel contre l'Initiative atlantique marocaine, dans une rivalité non soldée
- IntérieurUne projection extérieure conforte le rang de l'ANP dans le système politique algérien
N'Djamena est entré dans cette séquence par la plus mauvaise porte. Le 1er septembre 2026, la télévision nationale nigérienne diffuse le témoignage du capitaine Roger Gabriel, commandant de compagnie au 1er bataillon parachutiste, en garnison au camp Bagaji à Niamey. L'officier affirme avoir reçu, pendant la nuit du 28 au 29 août, des appels annonçant « une intervention en cours à partir de leur pays, pilotée par leurs autorités et les forces spéciales françaises ». Il met en cause la France, le Bénin, la Côte d'Ivoire, la CEDEAO, l'entourage de l'ancien président Mohamed Bazoum, et deux personnalités tchadiennes.
La presse tchadienne a identifié ces dernières comme le général Amine Idriss Ahmed, chef d'état-major de l'armée de l'air tchadienne, et Hassan Adoum Younousmi, directeur général de l'Autorité de régulation du secteur pétrolier aval, ancien officier que le capitaine aurait désigné sous le nom de « colonel Hassan Adoum ». Ni l'un ni l'autre ne s'est exprimé publiquement. Leurs entourages ont démenti : celui du général affirme qu'il n'a jamais eu connaissance de l'existence du capitaine Gabriel, celui de Hassan Adoum Younousmi qualifie les accusations de totalement fausses et erronées. La coalition citoyenne tchadienne CASAC parle d'un montage grossier et d'une fabrication dénuée de base probante.
Mahamat Idriss Déby Itno (en boubou blanc), alors président du Conseil militaire de transition, en juillet 2022. N'Djamena n'a publié aucun communiqué en réponse aux accusations nigériennes. Photo : André Kodmadjingar, Voice of America, domaine public.
Le communiqué officiel nigérien, lu le 4 septembre à l'issue d'un conseil des ministres présidé par le général Tiani, ne cite pas le Tchad. Il désigne « un vaste réseau de connivence, à la tête duquel se trouve le régime français » et évoque « certains de nos frères africains » servant de « passerelle aux actions déstabilisatrices », sans produire de preuve. Paris a répondu par la voix de son ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, pour qui l'accusation relève de la « pure fantaisie ». Mahamat Idriss Déby s'est contenté de publier, le 1er septembre, un verset coranique invitant à ne pas mêler le faux à la vérité. N'Djamena n'a diffusé aucun communiqué.
Ce silence calculé n'annule pas l'exposition tchadienne, qui se joue sur quatre plans. Le premier tient à l'accusation elle-même, qui n'a pas besoin d'être prouvée pour produire ses effets : nommée à la télévision d'État, elle installe durablement le soupçon et fournit à Niamey une carte utilisable à tout moment, y compris dans une négociation frontalière ou commerciale. Le deuxième est militaire et interne : une mise en cause visant le chef d'état-major de l'armée de l'air d'un régime dont l'histoire est faite de fractures dans le commandement peut nourrir, à N'Djamena même, une défiance dont personne ne maîtrise le rythme. Le troisième est opérationnel : le Niger s'est retiré au printemps 2025 de la Force multinationale mixte du bassin du lac Tchad, dont le Tchad reste l'un des piliers face à l'État islamique en Afrique de l'Ouest ; ce qui restait de coordination bilatérale sur ce théâtre devient impraticable, et les autorités de la province du Lac ont dû démentir formellement la présence de mutins nigériens sur leur sol. Le quatrième est diplomatique : le Tchad est le seul pays de la région à avoir rouvert sa porte à une présence militaire française après avoir dénoncé ses accords de défense fin 2024, tout en signant en avril 34 accords avec Alger, dont le principal bénéficiaire du moment est le régime qu'on le soupçonne d'avoir voulu renverser. Cette position d'entre-deux a longtemps été un actif tchadien. Elle devient un passif dès lors que chacun des partenaires exige de la clarté.
Une souveraineté extravertieCe que l'Algérie vient de faire à Niamey appartient à un répertoire que la région connaît : poser des appareils de combat sur le tarmac d'une capitale amie, à la demande d'un pouvoir menacé de l'intérieur. C'est la grammaire d'Épervier au Tchad, de 1986 à 2014, qui a couvert les régimes successifs de N'Djamena, puis celle de Serval et de Barkhane au Mali. Le reproche adressé à Paris par les juntes ne portait pas seulement sur l'échec militaire ; il portait sur la conversion de la protection en instrument d'influence.
Ce que la séquence de 2026 démontre, c'est que le grief visait le pavillon davantage que la pratique. Un protecteur africain, non occidental et non ancien colonisateur, demeure politiquement admissible là où le protecteur français ne l'est plus. Niamey peut ainsi tenir deux discours simultanés sans que le second écorne le premier : accuser « le régime français » d'avoir commandité un coup d'État, et héberger sur sa base des chasseurs étrangers et deux à trois cents auxiliaires russes. La souveraineté ici revendiquée n'est pas une autonomie ; c'est ce que Jean-François Bayart nomme l'extraversion, cette aptitude des élites africaines à convertir la dépendance extérieure en ressource de pouvoir intérieur. Le vocabulaire a changé de camp, la logique est intacte.
Un dernier élément mérite l'attention. La charte du Liptako-Gourma, signée le 16 septembre 2023, liait le Mali, le Burkina Faso et le Niger par une clause de défense mutuelle conçue contre l'agression extérieure et le terrorisme. Sa première mise en œuvre visible aura servi à contenir la mutinerie d'une armée nationale contre son propre chef, avec le concours d'unités burkinabè. Un pacte de défense collective devenu instrument de sécurité régimiste : la transformation est révélatrice de ce que l'AES est en train de devenir.
Ce qui reste sans réponseTrois déplacements sont désormais acquis. La Russie n'est plus au Sahel un partenaire de formation mais une garde prétorienne, l'Africa Corps ayant cessé d'encadrer des opérations antiterroristes pour assurer la survie d'un pouvoir contre son armée. L'Algérie a franchi le seuil qui sépare l'influence de la puissance, et elle l'a fait sans requalifier sa doctrine, ce qui rendra la prochaine occurrence plus aisée encore. La France, enfin, occupe moins une position qu'une fonction, celle du coupable désigné, dont l'utilité politique intérieure survit à son emprise réelle.
Un point mérite correction, tant il circule : le rapprochement d'Alger avec le Sahel ne repose sur aucune réconciliation avec Rabat. Les relations diplomatiques algéro-marocaines demeurent rompues depuis août 2021, la frontière terrestre reste fermée, et ce que l'on présente comme des signaux convergents relève de l'analyse prospective et de contacts informels non confirmés. La rivalité n'a pas été soldée. Elle a changé de terrain.
Reste ce dont aucun des protecteurs ne s'occupe. Les mutins du 28 août n'étaient pas des agents étrangers, quoi qu'en dise le conseil des ministres du 4 septembre. C'étaient des officiers nigériens revenus de Tillabéri et de Dosso, où les pertes s'accumulent sans que l'État les reconnaisse. Aucun Su-30 algérien, aucun drone russe ne répond à ce grief. Les parrains extérieurs tiennent une base aérienne le temps d'une nuit ; ils ne tiennent pas une armée dans la durée, et l'histoire du Sahel a déjà montré ce qu'il advient des régimes qui confondent les deux.